L’Atlas Mnémosyne (Écrits 2) – Aby Warburg

Aby Warburg (1866-1929) a laissé une oeuvre inachevée et fragmentaire, dont la plus grande partie est encore inédite dans sa langue originale même. Au croisement de l’histoire de l’art, de la philosophie, de l’anthropologie et de la psychologie historique, les recherches d’Aby Warburg ont marqué profondément plusieurs générations d’historiens de l’art (de F. Saxl à E. Wind, en passant par E. Panofsky et E. Gombrich) et contribué à donner à la discipline certains de ses principaux fondements méthodologiques.

La collection – publiée par les éditions de L’écarquillé, dirigée par Maurizio Ghelardi (École Normale de Pise), Susanne Müller (Université de Bâle), Roland Recht (Collège de France) – qui a vu le jour l’année dernière avec Miroirs de faille se poursuit avec la parution de L’Atlas Mnémosyne, l’œuvre majeure et la plus fascinante d’Aby Warburg.
Cette collection se propose de mettre à la disposition du public francophone un certain nombre d’essais et de notes en partie inédits, et d’apporter ainsi un éclairage nouveau sur tout un pan des recherches de Warburg, en apparence fort éloigné du champ de la culture figurative de la Renaissance. Elle entend contribuer à repenser l’oeuvre d’une des figures qui ont le plus profondément marqué notre tradition culturelle et figurative.

Si Aby Warburg a été le premier à définir une méthode d’interprétation iconologique, s’il a créé une bibliothèque des sciences de la culture unique au monde, l’innovation décisive qu’il a introduite dans le champ épistémologique de l’histoire de l’art est bien Mnémosyne : oeuvre absolument originale et unique, dont l’ambition n’est rien moins que de poser les fondements d’une grammaire figurative générale, et qui ouvre des perspectives dont la portée n’a pas encore été totalement mesurée. Par la complexité des problèmes auxquels s’est confronté Warburg face à cet immense corpus d’images, c’est l’attention de l’ensemble des sciences humaines qu’il a attirée sur son oeuvre.
Resté inachevé à la mort de l’auteur, ayant mobilisé l’énergie intellectuelle et physique de ses dernières années, Mnémosyne peut être considéré comme l’aboutissement de toutes ses recherches. Il constitue le plus ambitieux corpus d’images jamais réuni, dont la genèse et l’évolution sont liées à une pratique discursive et à un mode de transmission du savoir que préconisait Warburg, mais qu’il convient aussi d’examiner sous l’angle de ses relations avec le problème de la mémoire et avec sa bibliothèque.

Présentation, 26 novembre 2012, 18h
INHA, Galerie Colbert, Paris

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